mardi 11 mars 2014

La llorona.

Elle était douce. Ses seins étaient chauds. Elle m'accueillait à n'importe quelle heure du jour. Apprêtée. Elle était douce. Ses mains étaient chaudes. Elle ouvrait la porte en souriant. Heureuse.
Elle était douce. Ses cheveux sentaient la camomille. Ca les éclaircit, me disait-elle. Souriante.
Elle était douce. Sa bouche était chaude. Elle se mordillait la commissure des lèvres. Le sang circulait.
Elle était douce. Ses mains étaient belles. Ses ongles rouges. Elles ne les coupaient jamais.
Elle était douce. Elle écoutait une chanteuse obscure mexicaine. Elle fredonnait.
Elle était douce. Sa bretelle droite tombait sur son épaule dénudée. Nonchalamment.

Parfois, elle riait tellement qu'elle en avait les larmes aux yeux. Et à ce moment, je souriais moi aussi. Lorsqu'elle chantait la llorona je sentais que je lui appartenais complètement. Sans masque ni artifices. Nous embarquions toutes les deux sur les barques de Xochimilco, enveloppées dans des châles colorés; nous nous moquions des autres comme nous l'avions toujours fait depuis notre première rencontre. (Tu te souviens ? Tu étais belle et j'attendais sur le pas-de-porte d'un ami à toi. Je ne connaissais personne et j'avais mal au ventre à force de me poser des questions. Tu t'es accroupie et tu as souri, comme tu le fais encore aujourd'hui. Tu n'as rien dit. Tu as arrangé l'une de mes mèches, blonde elle aussi, as essuyé les traces de mascara et m'a donné la main. Je l'ai prise - que pouvais-je faire de plus ? Nous sommes montées toutes les deux au quatrième étage et nous avons commencé à regarder la foule. Nous avons ri. Puis tu es partie sans même me donner ton prénom. Mais je ne t'en veux plus. Tu es toujours là, tu sais.) 

Todos me dicen el negro llorona, negro pero cariñoso... 
Aujourd'hui, elle n'est plus à mes côtés mais il est des soirs où sa douceur m'enveloppe, plus que n'importe quel drap. Je me love dans sa chaleur et nous fredonnons de nouveau ensemble les chansons qui nous ont accompagnées ces quelques années. Lorsque je me réveille, je cherche dans mon reflet ses traits et j'essaie de lui ressembler. Camomille pour éclaircir. Sourire pour illuminer. Rouge pour charmer. Où est-elle et que fait-elle ?


dimanche 9 mars 2014

Des limites de la présentation.

J'ai les cheveux blonds, les yeux plutôt verts et je mesure 1.75. J'ai pas mal de grains de beauté sur le corps et une aptitude assez sévère à me cogner. Je suis née en Septembre, j'ai déjà été saoule, je n'ai pas de tatouages, je porte peu de bijoux, je ne fume pas, je porte divers parfums selon mon humeur, je préfère le vin à la bière, je bois aussi bien du thé que du café mais pas aux mêmes heures, j'aime tous les types de nourriture, d'accord, pas trop la nourriture chinoise. Je n'ai pas de fleur préférée, on ne m'en offre jamais sauf mon père et j'ai reçu mon premier baiser à douze ans. Je regarde aussi bien des comédies romantiques que des films indépendants et j'ai une passion pour la lecture. J'écoute de tout, ça peut paraître étrange de dire "de tout" et pourtant, dans mon itunes se mélangent les genres musicaux. Je me suis cassée le pied à dix-huit ans et c'est bien le seul moment où j'ai mis le nez dans un hôpital. Je dors sur le ventre, paraît que cela dénote une incapacité à se situer sentimentalement, je ne suis pas d'accord mais Cosmo l'a dit. Oui, je lis Cosmo, mais je lis aussi Causette et Courrier International. Je suis passée de littéraire à business, c'est compliqué et je ne suis engagée dans aucune association humanitaire. Je ne suis pas féministe, je suis pour la reconnaissance des aptitudes, je n'ai pas quarante deux amis mais je tiens à ceux que j'ai, j'ai pratiqué le violon et la danse mais je ne prends plus le temps - pas que je ne l'ai pas -, je laisse toujours sonner mon téléphone trois fois avant de répondre, quand je réponds. Je ne suis pas bonne écrivaine et quand je suis prise d'un trop plein d'émotions j'ai mal au ventre, je suis toujours en quête du perfect fit mais il ne vient jamais, j'aime quand il fait froid mais qu'il y a du soleil et je rêve de retourner en Amérique latine, je perds à peu très toutes mes affaires (j'ai retrouvé ma carte d'identité dans mon tiroir à chaussettes), en espagnol ça se dit "olvidadiza" et je trouve le mot particulièrement joli, je suis mauvaises menteuse et je deviens rouge à chaque fois que j'essaie. Je n'ai pas de look particulier, je ne serai jamais bloggueuse mode car ça m'ennuie, je n'ai pas de couleurs favorites et je suis plus mélancolique que triste. Je mets souvent trente cinq minutes pour me préparer et j'aime marcher sans savoir où je vais, j'aimerais retourner dans tous les endroits où je suis déjà allée et voir s'ils ont autant changé que moi. Je préfère le chocolat à la vanille, le lait pour le corps parfumé, mon numéro préféré est le cinq et je suis fascinée par les étoiles. Je n'ai ni allergies ni véritable phobie, bien que j'ai peur des oiseaux, surtout des pigeons. J'ai décidé d'écrire un peu ici, ou là, pour mettre en avant ces petites choses qui font que. Je ne suis pas vraiment différente; à force de vouloir l'être, on finit par être tous les mêmes non ?
D'autres questions ?